Voyages & Aventures

30 October 2006

Quelques nouvelles du Tchad, 8 octobre 2006

Lundi 25 septembre 2006 à 20h30, départ de Genève pour Paris et à 23h30 pour le Tchad. Ce vol Air France me fait arriver à N’djamena à 03h55 du matin, très sympa et reposant comme vous pouvez l’imaginer !

Un chauffeur m’attendait et après les formalités d’usages m’a amené à une résidence. J’ai pu me reposer un moment avant de commencer mes « briefings » à 11h30. A la pause de midi j’ai découvert un petit bout de la ville.

Mardi soir, Simone (ancienne administratrice, ancienne élève de l'EHL !) nous invite pour une sortie dans un « resto » couleur locale. Cela me permet de continuer à faire connaissance avec l’équipe CICR de Ndjamena, ceci étant toujours plus agréable autour d’une table ! Bonne soirée avec plus d’une heure d’attente (correct !) pour la nourriture, excellente d’ailleurs.

Il était initialement prévu que je prenne l’avion du (UN)HCR mercredi, mais c'est reporté à Jeudi.

Mercredi matin, d’autres briefings et essais d’achats de carte SIM en ville : revenez cet après-midi ! Quand je reviens à 16h10, je constate que l’agence ferme à 16h00.

Avec Daniel, chirurgien CICR qui est là pour former des médecins aux interventions post-traumatiques, nous allons boire une bière dans un hôtel situé le long du fleuve Chari car je voulais découvrir ce cours d’eau. Assez majestueux en fin de saison des pluies, toute cette eau va se déverser dans le lac Tchad qui est une mer intérieure se desséchant depuis quelques années.

Durant la journée, mauvais nouvelle d’Abéché : une déléguée circulant entre deux villes où nous allons régulièrement s’est fait voler sa Land Cruiser par des bandits armés. Sympas (!), ils lui ont crevé les 4 pneus de l’autre voiture du convoi et lui ont pris son téléphone satellite pour ne pas donner l'alerte trop rapidement. => Pour des raisons de sécurité (de ce style) et mécanique (vu les endroits reculés que nous visitons), le CICR effectue toujours ses déplacements en convoi de 2 Land Cruisers. Pas de panique, une trentaine de véhicules appartenant à des humanitaires ont été volés depuis le début de l’année.

Le soir, les délégués ont encore une petite rencontre pour dire merci et au revoir à Simone avant son départ pour la Suisse, en fin de soirée.

Jeudi, je vais avec Daniel à « son » hôpital pour voir pourquoi il n’y a pas d’eau courante dans sa salle d’opération : une pompe est en panne !

Le vol pour Abéché est encore reporté à vendredi !

A Ndjamena comme à Abéché, le CICR ne dispose pas d’une bonne connection à Internet ! Cela ne va pas faciliter les communications avec le reste du monde. No comments !!!

Entre temps, Ursula est arrivée d’Abéché et Marc de Genève : nous allons passer la soirée dans des paillotes et manger un dernier « vrai » repas avant mon départ pour la brousse. Comme Marc ira aussi à Abéché nous profitons de poser à Ursula 1001 questions sur la vie qui nous attend : le couvre-feu à 18h30 est vraiment la chose la plus ennuyante de notre prochaine destination !

Vendredi midi, départ de Ndjamena avec 2 heures de retard, mais au moins je pars ! Le vol d’environ 1h30 en Beechcraft 1900 (turboprop) nous fait survoler de grandes plaines allant en se désertifiant plus nous allons vers l’est. Mais étant à la fin de la saison des pluies, la nature est encore verte.

Avant de se poser, je découvre la ville d’Abéché qui est plus étendue que je pensais. Près de l’aéroport se trouve la base militaire française de l’opération « Epervier ».

Comme j’arrive en milieu d’après midi, les employés de délégation sont déjà partis (ils ne travaillent pas le vendredi après-midi) et je fais un tour des lieux avec Alexandre et Sébastien (mes collègues WatHab) et suit une réunion de planification avant la fin de journée et le couvre-feu qui est vite là à 18h30.

Samedi et dimanche seront calmes, partant à la découverte des lieux et des gens.

J’ai la chance d’avoir été attribué à la plus belle résidence du CICR à Abéché. La maison est toute neuve, nous sommes les premiers locataires. Elle est très spacieuse avec un grand salon et des grandes chambres possédant toutes leurs propres salles de bains. Tout est neuf, des frigos aux climatiseurs. Pour l’eau, après inspection du système on doit modifier le réseau et encore installer une pompe pour pressuriser l’installation depuis notre réservoir de réserve. Un groupe électrogène de secours est déjà opérationnel.


Première sortie terrain.

Lundi 2 octobre 2006 je pars par avion avec Alexandre (que je vais remplacer) pour 5 jours afin de planifier les activités près de Goz Beida au Sud d’Abéché. Comme d’habitude, nous passons des heures à attendre notre avion du HCR, un Cessna Caravan, le vol durera environ 45 minutes.

Goz Beida est la capitale du Dar Sila, c’est une bourgade qui possède néanmoins quelques bâtiments récents et un beau château d’eau qui alimente la ville. Le CICR y possède une base, qui deviendra un « bureau » dès janvier 2007. Dans une enceinte se trouve une ancienne bâtisse qui a été un peu remaniée en résidence et bureau pour le délégué et 2 autres blocs plus récents : chambres pour les chauffeurs et Field officers et un entrepôt. Une chèvre broute l’herbe en attendant son heure fatidique…

Nous retrouvons là Silvana (déléguée santé) et David (délégué de cette zone) qui nous expliquent leurs activités dans la région.

Mardi matin, avec Silvana et 2 Land Cruisers nous partons vers le sud et ensuite l’est, en direction de la frontière du Soudan. Nous traversons Goz Amer où se trouve un grand camp de réfugiés venus du Darfour. La route est plus ou moins bonne (une piste plus qu’une route) et entrecoupée de « wadis » (rivières saisonnières plus ou moins remplies d’eau) qu’il faut traverser. Comme nous sommes à la fin de la saison des pluies, certains sont bien remplis, le niveau d’eau étant assez haut. Dans un wadi, un 4x4 d’un commerçant est en panne et attend du secours. Nous traversons le wadi sans encombre malgré environ 1 mètre d’eau, nos Land Cruisers étant équipés de schnorkel (prise d’air moteur près du toit) cela ne pose pas de problèmes. Plus loin, dans une région boisée (nous sommes dans une végétation de savane boisée au sud du pays) la piste devient boueuse et difficile. Les 4x4 étant équipés de pneus sable (d’excellents Michelin XS) bon choix pour la majorité des terrains que nous rencontrons, le profil de ces pneus est malheureusement archi nul dans la boue. Nous voilà donc englués et à devoir utiliser le treuil (Warn 8000) installé sur un des Land Cruiser. Bien boueux nous arrivons à notre destination pour la nuit : Dogdoré ; nous nous installons dans une grande tente que le CICR a positionné pour nos passages. Après la fin du ramadan nous allons au village et dévorons du poulet rôti. Il pleut toute la nuit, cela promet pour le retour…

Mercredi, départ pour Am Bourogne, destination de notre voyage, piste vraiment secondaire, des fois à peine existante mais ainsi il n’y pas de bourbiers ! D’entente avec les autorités sanitaires du gouvernement, le CICR veut construire un centre de santé et 2 puits qui permettront d’améliorer la santé publique des populations qui n’ont pas fui la zone pour des raisons d’insécurité ; nous ne sommes pas loin de la frontière avec le Darfour. C’est un village traditionnel et notre centre de santé sera le premier bâtiment en « dur » ! Nous avions amené avec nous des moustiquaires pour distribution aux femmes ayants de jeunes enfants. La malaria fait encore et toujours des ravages, en Afrique, c’est la cause principale de mortalité.

Nous faisons encore une tournée du village pour vérifier la proximité de sable et de gravier et voir la zone où seront implanté les puits. Les habitants ont déjà préparé des briques cuites pour ce centre de santé.

Vers midi nous repartons d’où nous venons. Comme il a plu toute la nuit certains wadis qui étaient franchissables deviennent scabreux voire impossibles ! Il nous faut donc attendre 2 heures à un endroit et patienter que l’eau redescende à un niveau « acceptable ». Nous laissons l’ouverture de la traversée à un convoi de commerçants ayant leurs cargaisons sur des remorques tirées par des chevaux. Comme cette attente nous retarde, peu avant la nuit nous installons nos tentes dans un village sur notre route.

!%&(=?"+!%&/*"+=?()*&%/(ç"ç%/&!? => Discrétion CICR !

Jeudi. Aujourd’hui c’est le mini Camel Trophy !

Premier obstacle: les bourbiers. Evidemment, ils sont devenus pires que la veille et avec le 4x4 équipé du treuil devant, nous formons un train de 2 Land-Cruiser et allons nous tirer d’arbre en arbre : câble, sangle, chaîne, poulie de renvoi, toute la panoplie y passe.

Reste maintenant les divers wadis qui sont toujours assez hauts. Sur le plus important, le niveau parait infranchissable. Au fil des heures, divers 4x4 d’ONG arrivent des deux cotés de la rivière en crue. Même avec des schnorkels il est impensable de passer. Las d’attendre, un téméraire, de l’autre coté, nous demande qu’on le tire avec notre treuil afin de traverser la rivière (qui n’est pas trop large) son moteur étant arrêté. Nous mettons cette procédure en branle et tout se déroule sans encombre, son moteur redémarre sans problème. Comme tout s’est bien passé pour lui (et qu’une 2éme nuit sous tente ne nous tente pas !!), nous décidons d’essayer à notre tour la même procédure avec notre véhicule équipé du treuil (qui pourra ensuite tirer le 2éme). Je traverse la rivière sur un esquif de fortune pour aller superviser les opérations depuis l’autre côté. Un chauffeur de Land Cruiser d’Oxfam est d’accord de nous treuiller. On lance l’opération, mais son treuil n’est pas aussi rapide que le notre et voici notre Land Cruiser qui se fait gentiment emporter par le courant tout en devenant un bateau (l’arrière flotte) et un sous-marin (le moteur leste l’avant) à des profondeurs inavouables… Après ce qui semble être une éternité il remonte sur l’autre rive et sort finalement, de l’eau dégoulinant de partout. Là, je suis nettement moins satisfait que pour la première traversée, j’aurai du tester le vitesse du treuil du véhicule d’Oxfam. On soulève le capot, le filtre à air est partiellement rempli d’eau vu la durée et la profondeur d’immersion. Un bref coup de démarreur confirme que de l’eau est rentrée dans le moteur, aussi par le tuyau d’échappement non pressurisé puisque le moteur ne tournait pas… Bien, il ne nous reste plus qu’à sortir la caisse à outils pour remettre ce moteur en état ; le plus simple est de démonter les bougies de préchauffage, puis de faire tourner le moteur avec des petits coups de démarreur avec effectivement un peu d’eau qui sort de ces orifices. Une fois les bougies remontées, le moteur repart de suite : ces Land Cruisers sont incroyables, c’est vraiment "le top" au niveau fiabilité. Puis il reste à faire traverser le 2ème Land Cruiser, ce qui ira plus rapidement et sans mal.

Bien des heures et bien des wadis plus tard nous arrivons finalement à notre base de Goz Beida.

Vendredi. Dernier tronçon et retour par la route sur Abéché. C’est un axe plus important et des chauffeurs de camions arrivés la veille confirment que tous les wadis sont passables. Effectivement nous arriverons presque sans encombres à Abéché. Petit problème cependant : à un arrêt, 40 km avant Abéché, la clé de contact d’un véhicule refuse obstinément de tourner et immobilise donc le véhicule. Nos essais d’utiliser du gas-oil comme dégrippant resteront infructueux. Comme nous sommes presque à la maison, nous appelons par radio un mécanicien qui viendra avec un autre véhicule pour faire sauter l’anti-vol !

A 16 heures nous arrivons à la Sous délégation d’Abéché et entrons directement dans la salle de réunion pour le séance de planification hebdomadaire : mission accomplie ! Comme d’autres véhicules se sont encore fait voler, notre sortie prévue la semaine prochaine dans une région à risque est reportée.

!%&(=?"+!%&/*"+=?()*&%/(ç"ç%/&!? => Discrétion CICR !

Ah oui, les voleurs du Land Cruiser (qui avaient profité de prendre le téléphone satellite Thuraya) nous ont appelé depuis celui-ci pour nous dire que en fait on pouvait revenir chercher le véhicule !

Samedi et dimanche (7 & 8 octobre 2006). Repos, visite au HCR pour accès à Internet, achats en ville, et samedi après midi sympathique apéro de bienvenue offert par Marc (merci encore pour le fromage et le vin !) clôturé bien trop tôt par notre couvre-feu.

La semaine du 9 au 13 octobre se passera au bureau à prendre connaissance des dossiers, à rencontrer des interlocuteurs et à revoir un texte d’appel d’offre que l’on doit faire incessamment.

La semaine prochaine, nous sommes sensés aller voir un projet urbain, mais la situation sécuritaire n’est pas bonne ces jours, donc cela reste à confirmer !



Voilà donc une bonne entrée en matière pour ma nouvelle mission au Tchad, mon moral est au top.

29 October 2006

Abéché, 15 octobre 2006

Le CICR est implanté ici depuis seulement quelques années et nos installations sont relativement récentes. La Sous délégation est installée dans une vaste enceinte (avec les inévitables murs de 2.5 m de haut et rouleaux de fil de fer barbelé…) qui comprend plusieurs bâtiments et deux entrées. L’entrée « visiteur » (sur la route centrale de la ville) donne accès au bâtiment principal qui contient la réception, une série de bureaux, une salle de réunion et la salle technique des IT avec le serveur informatique et les immuables antennes radio. D’un coté d’une petite cour se trouve la cuisine et quelques bureaux.
Par une autre entée située sur une route parallèle nous accédons à trois autres blocs abritant des bureaux, nous les WatHab utilisons un bloc entier (!), un atelier et des grands entrepôts autour d’une autre grande cour avec des places de parc pour les véhicules et camions.

Bien entendu toutes les propriétés du CICR sont gardées par des agents de sécurité qui montent la garde 24/7.

Dans divers quartiers de la ville, cinq résidences logent la quinzaine d’expatriés qui travaillent à Abéche et dans des bases situées dans la région.
Ces résidences sont plus ou moins modernes et plus ou moins bien aménagées, dans l’ensemble le standing est adéquat ; personnellement le hasard des arrivées a fait que je suis logé dans la plus récente que je partage avec la chef de délégation et un autre ingénieur WatHab.
Des cuisiniers nous préparent les repas de midi et nous « améliorons » les restes pour le soir. Le vendredi ils préparent des plats à chauffer pour le week-end. Excellent, je ne vais pas mourir de faim.

Comme le climat est chaud (heureusement sec) chaque bureau/chambre possède son climatiseur. La température est relativement raisonnable en ce moment, le maximum que j’ai observé étant de 38°. Durant l’hiver qui arrive, elle devrait descendre puis remonter, mai et juin étant les mois les plus chaud (là on va tutoyer les 50°) avant que les pluies de juillet & août ne rafraîchissent les choses. Comme les bureaux et résidences sont climatisés nous ne souffrons pas de la chaleur tant que nous sommes ici à Abéché. Sur le terrain et dans les « bases » c’est une autre histoire…

Notre résidence est située tout près de l’aéroport et de la base militaire française qui y est accolée. Cette base est relativement importante car elle doit assurer toute la protection de l’Est du pays. Les humanitaires (!) peuvent aussi venir au bar des sous-officiers, mais les choses se compliquent car le bar ouvre à 18h00 et notre couvre-feu commence à 18h30 !

La vie « sociale » est donc très réduite ici et mieux vaut bien s’entendre avec ses co-locataires ! Cela fait quelques mois que ce couvre-feu existe et d’après mon analyse de la situation cela risque de durer encore un moment ; je dois rester « zen » !

28 October 2006

Abéche, 22 Octobre 2006

Ici la vie continue. L'Est du Tchad est actuellement régulièrement sous des petits coups de forces entre divers groupes de "rebelles" et les forces armées nationales. D'autre part, avec des vols récurrents de Land Cruisers des humanitaires cela fait que les déplacements sont pas mal perturbés en ce moment. Il y a maintenant des endroits où l'on doit aller par avion et ensuite le CICR utilise un gros camion 6x6 pour faire ses déplacements, de peur de se faire voler ses Land Cruisers : carjack à la Kalachnikov, sans soucis pour les passagers !!! Les Land Cruiser sont très appréciés par les voleurs de toutes sortes, y compris des milices (les pick-up sont extra pour monter les mitrailleuses!). Difficile de planifier des sorties terrain et de mettre en place des équipes WatHab qui vont rester quelques semaines sur sites pour faire des puits ou pour construire des centres de santé.

Ce n'est pas plus mal pour me permettre de connaître les dossiers au bureau, ici à Abé.

Le départ de mon prédécesseur a'est précipité la semaine passée. Dimanche passé, avec des collègues, ils sont allé gravir des petites montagnes rocheuses qui se trouvent pas loin de la ville. Sur le retour, juste avant les voitures, en sautant sur une pierre, son pied a glissé et il s'est tordu la cheville! Comme il n'y pas grand-chose de médical ici, il a pris l'avion du lundi sur NDJ pour faire une radio (rien de cassé) et mettre un petit plâtre.
Il est revenu mardi midi, le mercredi et jeudi nous avons fini la remise reprise car il est parti définitivement vendredi pour NDJ et il part ce soir pour la Suisse !

Je suis donc maintenant coordinateur "titulaire" !

La semaine prochaine, ne pouvant tjs pas aller dans une certaine zone, nous allons changer nos plans et je vais accompagner mon collègue et une équipe qui ira faire des travaux dans une zone plus calme.

Je dois aussi sûrement aller à NDJ un de ces jours pour vérifier ce qui se passe concernant la pénurie d'eau dans l'hôpital ou notre chirurgien et son équipe travaillent.

Voilà les quelques nouvelles d'ici, rien de bien spécial.

Dans l'ensemble l'équipe de délégués est pas mal, 2-3 personnes quittent Abé et se font remplacer ces semaines, il y a donc quelques "nouveaux".


Nous avons un peu amélioré le salon de notre maison avec quelques aménagements: un bar commandé chez un menuisier en ville, réarrangé les meubles et installé une cible de fléchettes.

Je dois dire que "ma" maison (qui est toute neuve) est vraiment bien car elle est spacieuse et relativement bien construite ce qui est très agréable.


Mon moral est bon, TVB ici et je me réjouis de découvrir encore 1001 endroits du Tchad, de ma zone et de mes projets!

27 October 2006

Abéché, le 27 octobre 2006

Voilà plus d'un mois que je suis au Tchad et je viens de faire une deuxième sortie "terrain" dans la région au sud d'Adré.

Dans l'ensemble les choses se passent bien et je commence à comprendre ce que je suis sensé faire !

Le volet "rural" des WatHab redémarre maintenant que la saison des pluies est terminée et que l'on peut de nouveau circuler, les wadis n'ayant plus d'eau. L'objectif est de construire des puits et des centres de santé. La localisation de tous ces ouvrages est déjà définie.

Le volet "urbain" concerne la réhabilitation ou construction de réseaux d'eau dans des petites villes. Cependant vu toute une série de problèmes sécuritaires et/ou politiques, les choses sont actuellement au ralenti pour ne pas dire arrêtées!

Le Ramadan s'est terminé la semaine passée et les festivités de Idd ont pris place dimanche et lundi.

Mardi, nous avons finalisé le voyage, mon collègue et une équipe partant déjà en fin de matinée. Notre gros camion Renault 6x6 fut chargé le mardi après midi avec du ciment et tout le matériel requis pour la construction de puits.

Mercredi matin, je suis parti en camion pour retrouver la première équipe qui avait commencé l'installation de leur camp de base pour les prochaines semaines.

Voyager en gros camion n'est pas une sinécure! Premièrement c'est extrêmement lent car le camion ralentit beaucoup pour passer en douceur les saignées et trous de la piste et ensuite il reprend de la vitesse avec effort vu l'importance de la masse a accélérer. Conjointement à ces ralentissements et accélérations est le passage quasi ininterrompu des 16 vitesses! Comme les moteurs de camions ont une puissance qui se trouve sur une faible plage de tours minutes, le chauffeur doit effectivement changer 10 fois de vitesse pour relancer son véhicule de 0 à 50 km/h; ce bruit devient fatiguant après des heures de voyages.
Comme le chauffeur faisait bien attention de ne pas abîmer sa cargaison et ne roulait pas très vite, le confort est acceptable. La visibilité est excellente, haut perché et avec rien devant le pare-brise. Ce point de vue dominant permet d'avoir une vue inhabituelle sur le paysage, les villages et les gens.

Au fur et à mesure que nous nous rapprochons de la frontière, nous passons à coté de plusieurs camps de réfugiés sous la responsabilité du HCR, avec aussi d'autres ONG présentes qui assurent divers services : eau, santé, etc. La région d'Hadjer Adidd contient les plus grands camps avec environ 40'000 personnes.

Après une longue journée nous avons retrouvé notre équipe et campement à Alasha.

Les autorités ont mis à notre disposition une "école" (1 salle de classe unique) car il n'y a plus d'instituteur depuis des mois…

Après un bon repas, 2 poules ayant été préparées par les "cuistots" de notre équipe, comme il faisait beau, plusieurs personnes ont mis leurs "mosquito dome" dehors et nous avons dormi sous le ciel étoilé.

Jeudi matin, visite avec le chef de village du site ou il est prévu de commencer les travaux.

Puis nous partons vers Borota et discutons avec les autorités pour préparer notre prochaine implantation chez eux; 2 puits seront creusés dans ce village.

A Goungour nous retrouvons la deuxième équipe de puisatiers qui est là depuis 2 semaines et qui a déjà bien avancé dans les travaux; le cuvelage est terminé, les buses de filtration sont partiellement terminées et ils s'apprêtent à les descendre à l'intérieur du cuvelage.

En fin d'après midi nous arrivons à Adré où le CICR possède une "base". Adré est une petite ville, à la frontière avec le Soudan. C'est un point de transit important pour le commerce entre les deux pays, Al Fashir étant la prochaine ville importante au Darfour.

Dans l'enceinte du CICR, un bâtiment qui a vu plusieurs agrandissements successifs regroupe le bureau et les chambres de passages. Un/une délégué(e) se trouve là bas environ 2/3 du temps et couvre les activités dans la région. L'enceinte est relativement accueillante avec de la verdure: des arbres, des fleurs agrémentent le lieu.

Le lendemain, nous allons voir les autorités pour me présenter et faisons un petit tour de la ville pour voir nos récentes réalisations. Un "comité d'eau" gère l'exploitation des choses: une pompe dans un local technique, un réservoir et des bornes fontaines dans divers quartiers. Des personnes encaissent une petite somme pour remplir chaque bidon, argent qui va servir à acheter le gas-oil pour la pompe et à assurer l'entretien des équipements.

Départ ensuite par la route principale qui nous ramène à Abéché. Nous traversons de beaux paysages de savanes. Plusieurs wadis, maintenant à secs, traversent la route, des femmes et enfants viennent avec leurs ânes charger de l'eau dans des jarres traditionnelles en terre cuite, mais aussi dans des bidons plastiques !

A notre résidence, et vu le manque de vie sociale, nous avions prévu d'organiser une petite fête. Samedi dès 16h00 (vu le couvre-feu !) divers collègues et amis ont commencé à arriver pour passer un moment ensemble. En plus des boissons, nous avions fait une salade de pâtes, tout cela fut bien apprécié par les invités. Heureusement beaucoup d'entre eux sont restés un peu plus tard que 18h30 et j'ai pu faire connaissance avec des représentants d'autres ONG, excellent.

De lundi à Mercredi, je dois aller sur Ndjamena pour essayer de voir ce qu'on peut faire pour améliorer la distribution d'eau à l'hôpital où travaille notre équipe chirurgicale.